Et rien n’existe plus, spectre, vestige ou plaintes
De ce qui fut la vie et les siècles vengés.
Sous l’horreur qui s’épanche à flots des nuits éteintes,
Que le Mystère et toi – qui vous interrogez.
Mais tes yeux restent sûrs ; ils ont transmuté
l’ombre.
Et consumant ton rêve en sublime clarté.
Résolvent l’infini dans leur fixité sombre.
Sur le seuil du néant, phares de Vérité !
Le passé qui t’épris comme un remords te poigne,
Mais vibrante, ton âme, aux espaces béants,
Propage un long frisson qui renaissant s’éloigne,
Et comme une onde expire à l’infini des temps.
Et ton âme, voix grave où le verbe s’élève
Au rythme créateur dont ton œuvre a chanté,
Prononce l’univers dans son ubiquité,
Et le destin du monde est inclus dans ton rêve…
Adolphe Lacuzon
Extrait d’Éternité, Alphonse Lemerre éditeur, Paris, 1902