« Le plus gênant pour moi, c’est de très mal discerner ce qui m’entoure », témoigne Stéphanie Genétay, adjointe à l’inclusion et aux solidarités, au moment d’ôter tous les accessoires harnachés sur son corps pour simuler vieillissement et divers handicaps : un casque pour les acouphènes, des lunettes pour la cataracte, du bois sur le dos, les poignets et les chevilles, des genouillères qui simulent l’arthrite ou l’arthrose… Nadia Masrour, conseillère déléguée aux séniors, se rend compte de « tous les obstacles qui entravent la circulation en fauteuil, alors que je n’ai fait qu’un tout petit parcours ! Ça a commencé avec la pente pour sortir de la mairie, puis les crottes de chien sur les roues qui arrivent sur les mains, un trottoir en pente latérale… ».
Ce lundi après-midi, quatre élus du conseil municipal ont participé à une sensibilisation au handicap, en compagnie de plusieurs personnes concernées par ces handicaps. Yveline et Anthony sont non-voyants, Anne-Marie est malvoyante, Vanessa atteinte de spondylarthrite, Yvon est en fauteuil roulant et malentendant. L’occasion de tester ces handicaps et d’échanger avec les premiers concernés. « Rappelons que 11 % de la population lannionnaise est déclarée porteuse de handicap, c’est 2 300 personnes dans la ville (chiffres 2023). Et ce ne sont pas forcément des personnes âgées : 840 d’entre elles ont entre 40 et 60 ans », soulignait Stéphanie Genétay en préambule.
Ophélie Le Bihan, de Présence Verte, a habillé les élus du kit de simulation du handicap et de diverses lunettes simulant la cataracte, le glaucome ou d’autres maladies visuelles. Accompagné de Marielle Maréchal, chargée de mission handicap et santé à la Ville, Franck Ogier, les yeux bandés, a réalisé un parcours devant la mairie : travaux et stationnement des véhicules ne facilitent pas les déplacements ! Anthony lui explique comment utiliser la canne blanche pour repérer les obstacles : son maniement ne s’apprend pas en quelques minutes ! Après le fauteuil, Nadia Masrour teste le kit de simulation : « Cette genouillère m’envoie une décharge dans l’articulation dès que je plie la jambe ! » Vanessa lui explique que pour les personnes atteintes de spondylarthrite, c’est une sensation continue, et pas seulement au moment des mouvements…
« On trouve beaucoup d’adaptations aménagées dans l’espace public pour le handicap. Certains peuvent penser que c’est trop. Mais il suffit de faire ce genre d’exercice pour se rendre compte que ce n’est pas trop ! Au quotidien, quand on n’est pas concerné, on peut vite oublier ce qu’est le handicap. Des sessions comme celle-ci sont des piqûres de rappel nécessaires », concluait Franck Ogier.
Cette sensibilisation s’inscrit dans la feuille de route handicap et inclusion définie en 2023. Déjà proposée lors de la précédente mandature, elle se poursuit avec cette première session du nouveau mandat. D’autres suivront pour permettre aux élus de mieux comprendre les difficultés rencontrées au quotidien par les personnes en situation de handicap.




