Il est des personnalités dont le parcours finit par se confondre avec l’histoire d’une terre. Charles Josselin est de celles-là.
Avec sa disparition, les Côtes-d’Armor et la Bretagne perdent l’une de leurs grandes voix. Une voix engagée, profondément bretonne, portée pendant plus d’un demi-siècle par une conviction simple : la politique n’a de sens que lorsqu’elle permet de changer concrètement la vie.
Charles Josselin incarne cette génération d’élus pour laquelle l’enracinement local ne rétrécit jamais l’horizon. Il en est, au contraire, le point de départ. Député, sénateur, ministre, président du Conseil général pendant plus de vingt ans, il porte la Bretagne jusqu’au plus haut niveau de l’État sans jamais cesser d’être d’ici.
Il défend la décentralisation parce qu’il croit au pouvoir d’agir des collectivités. Il combat les inégalités parce que la justice sociale est au cœur de ses convictions. Face au désastre de l’Amoco Cadiz, il est aussi de ceux qui comprennent très tôt que protéger notre littoral et notre environnement, c’est prendre soin d’un bien commun et de ce que nous laisserons après nous.
Et puis il y a ce nom : les Côtes-d’Armor. Un nom qu’il contribue à faire advenir et qui raconte peut-être, à lui seul, quelque chose de Charles Josselin : son attachement à une Bretagne consciente de son histoire, fière de son identité et résolument tournée vers l’avenir.
Les responsabilités sont nombreuses dans une vie publique aussi longue. Elles racontent une trajectoire. Elles ne disent jamais tout d’un homme.
Ceux qui ont croisé Charles Josselin évoquent aussi sa proximité, son attention aux autres, sa fidélité aux personnes comme aux lieux. Cette fidélité qui résiste aux années et aux fonctions. Car on peut siéger à Paris, entrer au Gouvernement, parcourir le monde et continuer de savoir exactement d’où l’on vient.
C’est peut-être cela qui demeure le plus fortement aujourd’hui.
Au nom de la Ville de Lannion et en mon nom personnel, j’adresse mes pensées les plus chaleureuses à sa famille et à ses proches, à ses compagnons de route et à toutes celles et ceux qui ont partagé avec lui un morceau de cette longue histoire.
La Bretagne perd l’un de ses grands serviteurs.
Elle garde son empreinte.
Éric ROBERT
Maire de Lannion
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Crédit photo : Le Télégramme / Gwen Catheline.