Il y a des soirées d’été qui ressemblent à un programme bien rangé. Et puis il y a Les Tardives : un joyeux carambolage entre théâtre de rue, fanfare tsigane, danse bretonne, fest-noz et reggae venu du Pacifique.
Parce que la soirée commence avec une drôle de bête
À 18:00, place à Bestiole. Sur le papier : un scientifique farfelu, une petite créature curieuse, et une tentative de sauver le vivant. Dans les faits, on imagine déjà ce théâtre de rue comme une fable bricolée à ciel ouvert, quelque part entre laboratoire détraqué et conte écologique. Un spectacle familial, mais pas seulement “pour les enfants” : plutôt pour tous ceux qui aiment qu’on parle du monde avec un peu de poésie, de bizarrerie et de désordre.

Parce que Khamsin Trio va faire lever la poussière
Son nom évoque un vent chaud et chargé de sable. Sur scène, Khamsin Trio semble suivre la même logique : ça souffle, ça file, ça embarque. Les musiciens puisent dans les musiques tsiganes, des Balkans à la Turquie, de Paris à Istanbul, avec cette énergie de fanfare qui sait transformer un quai en piste de danse improvisée. Trois passages sont prévus dans la soirée : 17:30, 19:00 et 22:00. Autrement dit, impossible de les manquer vraiment. Ils seront le fil rouge de cette première soirée des Tardives.

Parce qu’on pourra apprendre à danser avant de faire semblant de savoir
À 19:40, le Centre Culturel Breton propose une initiation à la danse bretonne. Et c’est peut-être l’un des meilleurs sas d’entrée dans la soirée. Pas besoin d’avoir grandi en fest-noz, ni de connaître la différence entre une gavotte et un plinn : l’idée est justement de venir essayer. Les Tardives ont ce mérite rare de ne pas mettre la culture sous cloche. Ici, elle se pratique, elle se rate un peu, elle se reprend, elle se transmet en marchant sur les pieds du voisin avec le sourire.

Parce que la relève bretonne monte sur scène
À partir de 20:45, le tremplin interlycées mettra en avant Tinaig ha Selma, puis Tro-spered. Les premières ont 15 ans, chantent le kan ha diskan depuis l’enfance et portent une idée simple : faire danser, transmettre, et rappeler que les filles ont toute leur place dans la musique traditionnelle. Les seconds viennent du lycée Félix Le Dantec, à Lannion, avec deux violons, une voix, et l’envie de faire vivre la musique bretonne sans la figer. La transmission de la culture bretonne est aussi une affaire de jeunesse !

Parce que le final s’annonce roots et solaire avec un souffle venu de Nouvelle-Calédonie
À 22:30, changement de latitude avec FAB I&I, chanteur reggae originaire de Nouvelle-Calédonie. Son parcours raconte une musique qui voyage loin, de la Nouvelle-Calédonie à Miami, sans perdre son ancrage roots. Pour clôturer la soirée, le reggae arrive donc comme une respiration large après les cuivres, les gavottes et les voix bretonnes. Une fin de soirée taillée pour rester un peu plus longtemps que prévu.
Au fond, c’est peut-être ça, la vraie promesse des Tardives : ne pas choisir entre les générations, les styles, les langues ou les continents.
Juste une soirée d’été à Lannion. Mais une soirée qui a du souffle !
