Avec de nouvelles orientations politiques axées sur la santé, la Ville de Lannion s’associe à la Journée mondiale de lutte contre la fibromyalgie en illuminant en bleu la façade de la mairie les 11 et 12 mai au soir. « C’est une manière de sensibiliser le public à cette pathologie qui est encore aujourd’hui niée par certains. Elle est pourtant reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1992, et il aura fallu attendre 2025 pour qu’il en soit de même par la Haute Autorité de Santé », explique Alain Cordesse, médecin retraité et conseiller municipal délégué à la santé.
Une maladie douloureuse et invisible
Le Dr Dominique Baron, rhumatologue et algologue (spécialiste de la douleur), qui exerce à Paimpol après avoir été chef de pôle au centre de rééducation de Trestel, est expert sur la fibromyalgie. Il explique : « La fibromyalgie concerne 2 à 3 % des Français, à 87 % des femmes. » C’est une maladie qui se caractérise notamment par des douleurs chroniques. Mais elle reste encore aujourd’hui peu diagnostiquée. « Pendant longtemps, on procédait par élimination après toute une batterie d’examens. Désormais, il existe un diagnostic à part entière. » Après des années de consultations et de rencontres, le Dr Baron a établi une typologie des profils fibromyalgiques : le plus souvent des femmes entre 35 et 45 ans, avec une personnalité pré-disposante (empathiques, avec peu de confiance), qui exercent un métier tourné vers les autres (santé, enseignement, commerce…). Ces patients ont le plus souvent des « portes d’entrée » dans l’enfance (abandon, jalousie, violence) qui vont se manifester à l’âge adulte par des douleurs chroniques et diffuses, influant sur le sommeil puis le mental. « Au final, la maladie est liée à dysfonctionnement central de la douleur », dit-il. Une fois le diagnostic posé, la prise en charge est multi-disciplinaire, liée à la fois au corps et à la psychologie. « On ne guérit pas de la fibromyalgie, il n’existe pas de traitement médicamenteux, mais des solutions peuvent être mises en place pour vivre mieux avec cette maladie », conclut le Dr Baron.
L’importance des associations
Alain Cordesse ajoute : « Ce 12 mai, la mobilisation La France en bleu est importante. C’est un jour dans l’année pour sensibiliser le public à cette maladie, cela donne confiance et espoir à celles et ceux qui en souffrent. En soutenant cette lutte, la Ville de Lannion défend des valeurs de solidarité et d’accompagnement aux personnes les plus fragilisées. Ce n’est bien sûr pas suffisant : charge aux soignants de prendre en charge ces douleurs avec zèle et empathie, et reste aux citoyens que la mobilisation perdure après le 12 mai. »
C’est aussi ce que prônent les associations, et notamment Ma fibromyalgie au quotidien en France, dont une antenne existe à Trébeurden. « Les bénévoles des associations connaissent parfaitement la maladie. Ils ont des données, ils peuvent conseiller les personnes qui se posent des questions sur ce diagnostic, partager des expériences. Les associations permettent de dédramatiser la maladie quand le diagnostic est posé », complète le Dr Baron.
Pour contacter l’association locale (Trébeurden) : Ma fibromyalgie au quotidien en France, www.mafibromyalgie.fr, 06 49 00 48 29.
