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Valérie Geneau, une reconstruction avec Mouv’elles
Victime de violences, Valérie s’est reconstruite grâce au réseau d’entraide lannionnais. Elle est aujourd’hui vice-présidente de l’association.

Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle la Caverne. Dans un bâtiment de l’espace Corinne Erhel, sur le plateau industriel, plusieurs pièces en enfilade sont pleines à craquer de vêtements, vaisselle, meubles, jeux pour enfants, affaires de camping, luminaires, linge de maison, appareil à raclette… On dirait un grand vide-grenier, mais non, tout est rangé, trié, et même gratuit la plupart du temps. « C’est là que nous accueillons les personnes victimes de violences intra-familiales. Quand elles ont tout quitté précipitamment, elles n’ont plus rien. Ici elles peuvent choisir des vêtements, des meubles pour se reloger. C’est une aide matérielle indispensable », raconte Valérie.
Repartir de zéro
Valérie en sait quelque chose. En septembre 2022, elle a quitté sa maison. Accompagnée par les assistantes sociales du CCAS de Lannion, elle passe une année en logement d’urgence. « À ce moment-là, on repart de zéro. Pour moi, le cadre fixé par le CCAS, avec un rendez-vous chaque semaine, a été très important. » L’assistante sociale lui donne des clés, sans faire les démarches à sa place. Elle respecte le temps qu’il faut à Valérie pour cheminer vers sa reconstruction.
Deux mois après, en novembre, elle fait sa première rencontre avec l’association Mouv’elles, à l’occasion d’une projection au cinéma. « Puis j’ai été à l’atelier couture du PAS, un service de l’Amisep dédié aux victimes de violences. J’y ai rencontré Odette, bénévole. Je n’ai rien dit pendant cet atelier mais j’ai fabriqué des fleurs en papier… » Valérie a trouvé ici une porte de sortie, elle qui aime fabriquer de ses mains. « On raccommode les sous-vêtements défectueux donnés par les commerçants, on crée aussi », dit-elle en montrant son sac à main. S’ensuit un premier rendez-vous avec la psychologue du PAS : « un rôle fondamental pour comprendre les mécanismes de l’emprise, et déconstruire cette culpabilité que l’on ressent ».
« C’est chez moi »
Ensuite, il a fallu quitter le logement d’urgence pour un chez-soi. « Mais je n’étais physiquement pas en état de déménager. Je n’avais rien, pas un meuble. Je me suis laissée porter par les filles, qui étaient là pour moi. » Les filles, ce sont les bénévoles de Mouv’elles. Dès qu’une personne accompagnée emménage dans son nouveau logement, elles se mobilisent, choisissent à la Caverne les meubles qui lui plairont, portent les cartons et rangent la vaisselle dans les étagères. « Je n’ai rien vu se poser dans mon nouvel appartement. La maison était devenue un environnement hostile. Le logement d’urgence a été un cocon de sécurité. Là, le premier jour dans mon appartement, je me suis dit voilà, c’est chez moi », se souvient Valérie, encore émue.
Un réseau très actif
Mouv’elles, c’est un maillon d’un réseau très actif à Lannion, qui vient en aide aux personnes victimes de violences. « Il y a le CCAS, porte d’entrée, le PAS bien entendu, les forces de l’ordre, la Maison de la justice, le Département, et bien d’autres encore… », tente de lister Valérie. « Tout ce qui a été déconstruit pendant l’emprise peut être reconstruit, avec l’aide de toutes ces structures d’accompagnement. »
Aujourd’hui, Valérie s’implique dans l’association. Elle démarche les commerçants pour récupérer des invendus pour la Caverne, elle y fait du tri et y accueille les personnes sur les permanences du jeudi, elle propose des ateliers maquillage pour les enfants. Elle est entrée au bureau de l’asso, en est aujourd’hui la vice-présidente et participe à l’organisation des nouveaux ateliers mis en place deux fois par mois depuis septembre pour compléter ceux du PAS (bien-être, sport, culture, cuisine…). Le , Mouv’elles participera à l’organisation d’une marche gourmande à Lannion pour faire connaître le réseau d’entraide. Le chemin est long pour sortir de l’emprise, mais Valérie, comme bien d’autres, peut aujourd’hui en témoigner avec le sourire : on s’en sort, et même avec plein de belles rencontres et de nouveaux horizons !
Contacter Mouv’elles
mouvelles1@gmail.com · 06 24 32 08 52
Permanences à la Caverne, espace Corinne Erhel, bâtiment H3 : le mardi de 10 h à 12 h et le jeudi de 14 h 30 à 16 h 30.

