Magazine Municipal

2018 06 couverture mag Lannion lannuon 214

Base Sports Nature

base sports nature lannion

La poésie naît et meurt
De notre vivant
Parasite flamboyant
Sur la civilisation qui agonise
Quand les lèvres des amants
À bout de souffle complices
Laissent les Narcisses violer
L’eau des rêves
Qui se perd dans le bois dormant
Comme une boussole rendue folle
Le temps jette le soleil
En pétales avariés
Dans les parfums métalliques
Des reflets de villes
Quand les baisers sont des souhaits
Qu’on jette dans l’eau polluée
Des fleuves longs et larges
Comme des bras d’amoureux
En train de se noyer
Dans le sang des caresses
Quand les heureus tombent
Comme des robes sans bijou
Près des anges pendus
Aux ailes en poussière
Qui ont goûté au feu des larmes
Quand j’écoute tes mots
Près du rouge de tes lèvres
Que des dents trop blanches
Rendent maussades et mauves
Alor malgré les cheveux blonds du ciel
Il pleut tout à coup
Les roches sans cristal
Des perles sans âme
Sur la somptuosité de notre décadence

Jean-Paul Daoust, Roses labyrinthes
© Le Castor Astral

Jean-Paul Daoust (Valleyfield, le 30 janvier 1946) est un poète et essayiste québécois. Auteur
prolifique, il a publié une trentaine de recueils de poésie. Il a collaboré à de nombreuses revues de
poésie et a lui-même dirigé la revue Estuaire de 1993 à 2003.

J’ai demandé la lune au rocher
J’ai pensé qu’en m’agrippant
Je sauverais l’instant
J’ai pensé qu’en m’accrochant
J’arrêterais le temps
J’ai demandé la lune au rocher
Et j’y ai cru longtemps
M’entraînant
Soulevant des poids
Brisant des plumes
Je n’ai pas vu venir
Passer
Rides années
Tout entière absorbée par le rocher
Je le caresserai toujours
Car je crois au vieil amour qu’on rajeunit
De l’aile chaque jour
Mais je cède maintenant aux caprices du vent
Va mon cœur
Mène moi où tu voudras
J’ai demandé la lune au rocher
Et j’ai cru lire un jour sur sa face
Impassible
« Oublie-la »
Et j’ai reçu en partage
L’étoffe des nuages
Qui déploie ses formes étranges
Le sourire des mésanges
Le vieux pin qui là-haut
Doucement se balance
L’amour
Encordé à jamais
J’ai demandé la lune au rocher
Et il m’a tout donné

Poème extrait de À la verticale de soi ©Éditions Guérin
Stéphanie Bodet, née le 14 mars 1976 à Limoges, est une grimpeuse et écrivain, française. Elle est connue
pour ses expéditions ouvertures en grandes voies, souvent partagées avec son mari Arnaud Petit. Aux
Éditions Guérin. En 2016, elle publie toujours aux Éditions Guérin, « A la Verticale de Soi », un livre
intime sur son parcours de petite fille asmathique devenue grimpeuse de haut niveau.

ce serait quoi la différence
un geste répété
dans l’ombre de l’espèce
ce serait si souvent quoi
tout à l’heure nos bouches
si nous pouvions deviner
le pour soi le pour nous
au creux des langues vivantes

qui a dit que brûler
soulage de la matière et du vide
de colère ou de moi ou de vous
qui n’a pas dit mélancolie
à bout portant
dans la sonorité du temps

ce que la vie dévore
personnages et carapaces
tout le songe
la capacité de dialogue

maintenant que tu as dit
rêver au milieu de forever
déplace plutôt la présence
l’innommable pour aujourd’hui
chasse l’idée de classer
l’humanité dans son nombre
et vertige salin

au bord de l’abîme l’affaire de l’espoir
je guette tout ça
de l’intérieur on dit consolation à vif
buisson d’habitudes enlacé au nom jeune des villes
brin de pouvoir félin
restons près des racines
capables de nœuds et d’emportements

quant aux chiens disons
dérive d’aboiement
nous sommes ici pour parler

dans le nombre des blessures
bouches et pronoms raflant
dans le noir une ivresse
de lenteur et d’immobilité

ardeur question d’ardeur
le va de la main
le va aérien de l’ivresse
pastel âme tinctoriale
allons du côté des sanglots
plonger notre ardeur
dans les questions et les cerises

© Éditions Phi - Écrit de Forges
Née et vit à Montréal en 1943, Nicole Brossard est une des écrivaines les plus connues et respectées au
Québec. Elle est membre de l’Académie des Lettres du Québec depuis 1994 et, en 2006, elle a reçu le
grade de Chevalier de l’Ordre de la Pléiade de la francophonie.

Un par un tous ensemble, mailles chacune en soi
d’un filet déployé dans le vide, ô vertige vu d’en bas
d’une soie envolée de l’épaule de quel dieu
en visite sur la terre, enroulée, assombrie
déroulée en ses plis et replis, déliés
mouvements qu’à se défaire on fait, se font et refont,
nuages virevoltant qu’un vent immatériel
fixe d’une encre noire,
avalant la figure,
l’étirant, outre ou signe, l’empoignant, grains de sable
arrachés à la terre, pleine matière de vol en
envol ne sachant
rien de notre ignorance
quant au pourquoi et cela et
si cela fait sens en quelque langue apprise ;
pas plus que de raison s’il y a, de l’appel
au soir que messagers s’emploient à signifier
au-delà des contraintes propres au choix du camp –
consignes sécuritaires, intendance, chacun tenu en soi
à l’ombre de soi-même, lié
au mouvement d’une poche qui s’ouvre
et ferme son goulet, virant, changeant de bord, plongeant,
avant que de gagner tout en haut de l’ombre obscure
dont ils sont à la fois tous ensemble
et chacun, feu et cendres.

Poème extrait de Territoire du coyote © Tarabuste Éditeur
Reproduit avec l’aimable autorisation de Tarabuste Éditeur
Pascal Commère, né en 1951, travaille en Bourgogne. Il vit à la campagne, écrit régulièrement et publie
depuis 1978.
Bourse Del Duca pour son premier roman Chevaux en 1987 et Prix de poésie Guy Levis Mano en 1990.

Ah qu’on n’invoque pas l’aile de l’ange
quand le silence passe sur le front du mourant
qu’on dissipe buée sur l’âme ces chants d’allégresse
qui forcent un ciel entre les dents du mort
le cadavre ne veut pas de ces beautés violentes
seuls sont vrais le poids de l’air dans la chambre
et la patience qu’il faut à notre épaule
et les paupières brûlantes
et la parole aride
et les sueurs de la pensée qui s’efforce
seul existe pour les demeurants
aux prises avec la lumière trop pleine du matin
le soupçon d’avoir posé pour rien
leurs mains sur le monde
et d’avoir pour rien
usé leur volonté
aux graviers
qu’on laisse l’horreur venir devant
parfaite
puisqu’à partir de là il faut tout recommencer
la nuit quotidienne
et la vie quotidienne
réapprendre la saveur
et l’amertume qui tient la lèvre close
puis le chant dans la gorge simple et suffisant
qu’on nous laisse donc seuls face à l’énigme oui
hommes seuls avec leur souffle
leur prière de peu
mariant les corps à la nuit amoureuse
et là s’allégeant dans l’énigme
un seul rythme nous contient
quand habitant dans l’amour notre danse égarée
nous échangeons d’une pleine respiration
l’éternité contre une joie
un rythme ou un poème
qui tient dans son étreinte nue
le sens inexprimé des choses


© Éditions Cheyne
Poète, romancier, dramaturge, critique, Jean-Pierre Siméon est né en 1950 à Paris. Professeur agrégé de
Lettres Modernes, il a longtemps enseigné à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres de
Clermont-Ferrand, la ville où il réside. Il a été directeur artistique du Printemps des poètes d'avril 2001 à
août 2017. Il est président du jury du Prix Apollinaire depuis 2014.

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