Réactivité, adaptabilité et compétence professionnelle
Comme toutes les collectivités, la Ville de Lannion propose des services aux habitants du territoire. Ce sont les services municipaux. Certains sont obligatoires, d’autres sont nécessaires. Et puis il y a tous les services qui pourraient être assurés par un prestataire extérieur, mais pour lesquels la municipalité a fait le choix d’une prise en charge directe. Ce sont les services en régie, assurés par la collectivité.
« Conserver des services en régie, c’est un choix politique historique à Lannion. Cela doit dater des années 80 », se souvient le maire, Paul Le Bihan. Dans une ville de 20 000 habitants, il est normal de proposer des services liés à l’action culturelle et autres. Préparer les repas de 1000 écoliers l’est moins, comme avoir un graphiste, un ferronnier…
Au service Bâtiments, tous les corps de métiers sont représentés, au total, 20 agents assurent l’entretien des bâtiments. « Avoir ces métiers en régie nous fait gagner en réactivité et en adaptabilité. Par exemple, travailler dans les écoles pendant les vacances scolaires, alors qu’en août les entreprises privées ferment », souligne Thierry Gallen, directeur général des services
Sans être exhaustif, bon nombre de services pourraient être externalisés. « Certes, conserver ces services en régie pèse sur la masse salariale, mais cela permet de maîtriser les coûts et de faire des économies », soutient Éric Robert premier adjoint chargé du personnel. Quand le ferronnier fabrique les barrières, c’est du mobilier que la mairie n’achète pas. De la même façon, sous-traiter des services à un prestataire n’implique pas que des économies : le salaire d’agents de la Ville deviendrait prestations de service.
Réactivité, adaptabilité, économie, mais aussi compétences professionnelles ! « Par exemple, Lannion porte depuis plusieurs années la haute distinction du label Villes fleuris : 4 fleurs et une fleur d’or. C’est une reconnaissance de la qualité du travail de nos jardiniers. », se réjouit le maire. Pour les habitants, les services en régie sont aussi l’assurance de la qualité du service public, et, pour les services payants comme la restauration scolaire, à des prix très avantageux.
Au service jardin : 44 000 plants produits cette saison
Avoir son propre service de production horticole est de moins en moins courant dans les communes. « Si les grandes villes en sont encore pourvues, les plus petites tendent à délaisser cette activité liée au fleurissement. Il faut des serres, du personnel, des compétences… », liste Sandrine Thonnellier, responsable adjointe du service jardin. Françoise Le Bozec est responsable de la production horticole, un service qui compte 2,8 équivalents temps plein. Leur métier : contrôler l’arrosage, collecter dans les massifs en ville des boutures et des graines, les mettre en culture dans les serres, acheter les semences qui correspondent à ce que les jardiniers ont choisi pour les massifs, les faire pousser… « Tout ce qu’on peut produire nous-même, on le fait. S’il faut acheter, on se concentre d’abord sur les graines, et en dernier recours ce sera des micro-mottes que nous mettrons en culture dans nos serres », soutient Françoise Le Bozec. Cette année, pas moins de 44 000 plants ont été produits, sans compter tout ce qui a été bouturé ! « Si nous devions acheter nos plants via un contrat de culture, nous perdrions en choix, nous aurions des sélections plus classiques. En produisant nous-même, on se laisse le loisir de faire du sur-mesure, de tester des choses », complète Sandrine Thonnellier. Prochain objectif pour l’équipe d’horticulture : développer davantage la culture de plantes vivaces.
Par ailleurs, Françoise Le Bozec cultive quelques plantes pour avoir des fleurs à bouquets. Ses qualités créatives sont mises à profit quand il faut décorer une cérémonie ou récompenser les lauréats du concours des maisons fleuries, avec des bouquets réalisés en régie.
Au service bâtiments : dépannages et chantiers spécifiques
Au service Bâtiments, tous les corps de métiers sont représentés : menuisiers, maçons, peintres, électricien, plombier, couvreurs, ferronnier, près de 20 agents au total. Sébastien Niez, responsable du service, explique : « Au service Bâtiments, il y a deux volets : la maintenance et les dépannages d’un côté, et de l’autre les chantiers plus spécifiques, qui nécessitent un savoir-faire particulier, sans caractère d’urgence. » Quand il réalise le planning annuel, Sébastien Niez veille à toujours identifier, pour chaque corps de métier, des chantiers qui pourront être réalisés en régie. « Cela permet aux agents de trouver un équilibre dans leur travail, de diversifier leurs missions et de conserver un intérêt dans leur quotidien. » Bien entendu, si nécessaire, les dépannages prendront le dessus sur les chantiers au long cours. Sébastien Niez et son responsable des travaux Laurent Salaün saluent les compétences des agents : « Nos couvreurs savent travailler le zinc (ils ont refait la coursive de la chapelle Sainte-Anne, bâtiment classé), nos menuisiers sont ébénistes ou agenceurs, nos maçons travaillent la pierre… Ils ont de réels savoir-faire qui nous permettent, par ailleurs, de mener des opérations à bien moindre coût que si nous les confiions à des entreprises. » Mais soyons réalistes, avec 140 bâtiments à entretenir, tout faire en régie ne serait pas envisageable ! Autre avantage de la régie, et pas des moindres : la réactivité. « Un dimanche d’orage, deux classes ont été inondées à l’école du Rusquet : dès le lundi à l’ouverture de l’école, nos agents étaient là pour réparer les dégâts et prévoir les travaux afin de remédier à cette gouttière bouchée par la grêle. »
Au service communication : une cohérence graphique
Un audit du service communication réalisé en 2014 a rebattu les cartes de l’organisation du service. « Jusque là, les créations graphiques (affiches, flyers, etc) étaient réalisées par des agences de communication externes, mises en concurrence pour chaque projet », explique Alice Daniou, directrice du service communication. Un graphiste a été recruté pour apporter davantage de cohérence graphique et pouvoir traiter les demandes plus rapidement. « À partir de là, nos affiches et autres documents de communication sont devenus plus identifiables, avec une patte reconnaissable », confirme Alice Daniou, qui ajoute : « Cela nous a en plus permis de réaliser des économies substantielles et de gagner en réactivité auprès des services de la ville quand ils nous sollicitent pour communiquer sur leurs projets. » Kevin Navizet, le graphiste, a aussi pu exprimer son savoir-faire en créant de A à Z la charte graphique de la Ville en 2021, avec un nouveau logo. Toujours après cet audit, un WebDéveloppeur avait aussi été recruté : le site internet est entièrement réalisé en régie, ce qui laisse une grande marge de manœuvre quand il faut le moderniser ou le faire évoluer.